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Retrouver Le Sommeil Par Soi-même: Comment sortir d’une insomnie sévère

INFOGRAPHIE – Dans la moitié des cas, cette pathologie est associée à une autre maladie, qui doit d’abord être recherchée.

Un Français sur cinq souffre d’insomnie chronique, dont 9% d’insomnie sévère. Ces derniers cumulent d’une part une durée de sommeil quotidienne de moins de 6 heures, avec un fort impact sur les activités diurnes, et d’autre part des troubles du sommeil qui définissent l’insomnie: s’endormir plus d’une demi-heure, ou se réveiller plus d’une heure par nuit, ou avoir un sommeil agité, au moins trois fois par semaine pendant plus d’un mois. Plus souvent impliqués dans des accidents, les insomniaques graves ont également un risque accru d’hypertension, d’obésité et de diabète.

La fréquence de l’insomnie chronique augmente avec l’âge. Si un tiers des personnes de plus de 65 ans prennent régulièrement des somnifères, la moitié du temps ce traitement ne serait pas médicalement justifié, indiquent les autorités sanitaires qui ont récemment fait campagne pour réduire cette consommation. « Avec l’âge, le besoin de dormir diminue, le sommeil se raccourcit, se rompt … Sa structure même change: le sommeil lent et profond représente 25% de sa durée totale à 20 ans, mais seulement 4 à 5% après 65 ans. Il n’est donc pas réaliste de vouloir retrouver le sommeil de votre jeunesse à 60 ans », explique le professeur Yves Dauvilliers, neurologue (CHU Montpellier). Plus fréquente avec l’âge, l’insomnie chronique sévère est également courante chez la femme, sans que personne ne sache vraiment pourquoi. Pour le Pr Damien Léger (Hôtel-Dieu, Paris), « les facteurs hormonaux, mais aussi les naissances et les soins aux nourrissons, pourraient favoriser son apparition ».

Évaluation biologique préalable

Comme il est presque impossible de contrôler le sommeil de ces insomniaques en laboratoire pendant des nuits entières, la gravité de l’insomnie est le plus souvent évaluée sur leurs sentiments, et les études sur l’insomnie sévère restent l’exception. L’âge auquel cette insomnie apparaît indique les causes les plus probables. Chez un sujet jeune, il suggère plutôt une insomnie primaire, une prédisposition biologique à un mauvais sommeil, qui a souvent un caractère familial. Des facteurs de risque génétiques ont déjà été identifiés pour ce trait plutôt transmis par les mères. L’insomnie initiale est souvent renforcée par l’adoption d’attitudes inappropriées, le coucher tôt ou le lever tardif par exemple, ce qui contribuera à la rendre chronique.

Chez les personnes âgées, parfois insomniaques depuis des années, il faut d’abord exclure la responsabilité d’un autre trouble. «La moitié des insomnies sévères sont associées à une maladie qui n’a pas toujours été suffisamment étudiée: apnée du sommeil, asthme, rhinite ou bronchite chronique, troubles du rythme cardiaque, douleur, dysfonction thyroïdienne ou hypersécrétion de cortisol, diabète, maladie rénale, etc. un bilan biologique doit donc toujours être réalisé en cas d’insomnie sévère », explique le professeur Léger, pour qui« ces insomnies sont les plus faciles à améliorer, en traitant la pathologie associée ».

Une autre cause possible est le syndrome des jambes sans repos. Il est responsable d’une grave insomnie sévère. Dans les formes sévères, qui touchent 1 à 2% de la population, certains patients dorment à peine une heure par nuit. « Il s’agit d’une maladie familiale sur deux, associée à une carence en fer dans certaines régions du cerveau, dont les gènes sont connus, et qui répond bien à un traitement spécifique avec des médicaments agonistes dopaminergiques. Malheureusement, le diagnostic n’est pas toujours posé » , regrette le professeur Dauvilliers. La prise de certains médicaments peut également provoquer des insomnies sévères, comme les bêta-bloquants prescrits en hypertension, qui interrompent le sommeil s’ils sont pris le soir.

Plus complexe, l’association avec la dépression se retrouve dans 50% des insomnies chroniques sévères. Comme le souligne le neurologue, « un insomniaque âgé qui n’est pas déprimé est à risque de dépression. Et si un patient bien traité pour sa dépression reste insomniaque, il est plus à risque de récidive de cette dépression. Il y a clairement un cercle vicieux entre les deux, en particulier chez les personnes âgées « . Plus qu’un lien de cause à effet, ce serait une association, une comorbidité. » L’insomnie et la dépression sont le reflet du même dysfonctionnement neurobiologique qui s’exprime d’abord par l’insomnie puis, par aggravation par la dépression « , explique la Dre Joëlle Adrien, neurobiologiste (UMRS975, CHU Pitié-Salpêtrière, Paris). Un neurotransmetteur, la sérotonine, est particulièrement impliqué dans ce dysfonctionnement. Une insomnie sévère précoce évoque un syndrome dépressif sous-jacent.

Le traitement de l’insomnie sévère nécessite une prise en charge spécifique et individualisée, où les somnifères, parfois bénéfiques à court terme, peuvent à long terme induire des effets négatifs liés à la dépendance et à la dépendance qu’ils établissent. Une fois les facteurs prédisposants identifiés et traités, les thérapies cognitives et comportementales sont souvent les plus efficaces.

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